
Écrire pour une personne absente
Imaginez que vous transmettrez votre carnet à quelqu’un qui n’était pas sur place. « Gros bruit bizarre » ne lui permet pas de chercher. « 21 h 17, claquement bref côté couloir, deux personnes assises, porte entrouverte » lui donne déjà des repères. L’objectif n’est pas d’écrire beaucoup, mais de conserver ce qui ne pourra pas être reconstruit avec certitude après la séance.
Garder les catégories distinctes
Dans une ligne, séparez ce que vous constatez, ce qu’un témoin raconte et ce que vous supposez. « Le témoin rapporte un pas » conserve la provenance de l’information. « Un pas a été entendu » la rend plus ambiguë. Vous pouvez proposer une explication dans une autre colonne sans la fondre dans la description. Cette discipline rend les désaccords plus faciles à discuter.
Relier le papier aux fichiers
Une référence courte suffit si elle est constante. Donnez un nom à chaque prise, puis inscrivez le repère temporel à côté de l’événement. Vérifiez les décalages d’horloge entre vos appareils. Si vous ignorez l’heure exacte, indiquez une approximation au lieu d’inventer une précision. Les extraits partagés doivent conserver le nom de la source et leur position dans cette source.
Corriger sans effacer le chemin
Une note peut être complétée après vérification. Gardez l’observation initiale et ajoutez la correction datée : « bruit reproduit lors du déplacement de la chaise ». Le journal devient alors l’histoire de l’analyse, pas seulement une liste d’événements sélectionnés. Une page sobre et lisible est plus utile qu’une mise en scène d’archives dont les références ne mènent à aucune pièce.
Le carnet donne aux images et aux sons ce qu’ils ne conservent pas toujours : leur contexte.
Contenu pédagogique proposé pour le site, à relire par ERPI avant publication éditoriale officielle. Aucun récit d’enquête réelle n’est inventé.
Mettre en pratique avec la formation